21 septembre 2015 Estya

La première Drone race Expérience, Nantes : l’an zéro de l’indoor ?

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Le Drone Experience Festival de Nantes, c’était ce week-end. Un festival regroupant des professionnels, des boutiques locales, des démos dans une volière de 1000 mètres carrés, des conférences pro et grand public, et la (notre) course FPV. Pour l’association Mini-Racers, le projet date du mois d’Avril lorsque Cyril nous a contacté : l’organisateur du festival souhaitait organiser une course FPV en indoor dans le Parcexpo de La Beaujoire. A notre connaissance, une première ! Protection du public et des pilotes avec des filets, zone de vol de 4500 mètres carrés (et des poteaux), 800 mètres carrés disponibles pour la préparation des pilotes, retours vidéos sur écrans pour le public… Les choses en grand.

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Et c’était GRAND.
Des pilotes, des machines, du spectacle, du public (beaucoup de public). Des moyens, des gens motivés, des heures de préparation. Guillaume avait effectué des vols de tests plusieurs semaines auparavant, objectif : pouvoir voler en 25mw (puissance d’émission des transmetteurs vidéo maximum autorisée) en indoor, sous structure métallique et avec des obstacles. Les tests étaient concluants, le Raceband ferait le reste pour voler à plusieurs. Récit de deux jours de folie, où l’AMR a pu emmagasiner une expérience inestimable dans la gestion d’un tel événement.

Vendredi matin, 7 heures.

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Le Président et son chauffeur ont fini de charger la voiture avec l’essentiel du matériel de l’association, direction Nantes. Dans le même temps, le bus de l’amour se remplit plus haut dans le nord de Paris avec le reste de l’équipe. C’est une fois sur l’autoroute que Guillaume est prévenu par un responsable du magasin Studiosport que le prêt de récepteurs Duos raceband ImmersionRC est possible : le festival n’ayant prévenu que la veille que leur fournisseur les avait « planté », il devait lui en procurer 4 pour les retours vidéos dédiés au public. Nous partions donc dans l’idée de ne pas pouvoir montrer  les images des caméras d’immersion pendant les courses, une très grosse déception. Le van venant du nord est détourné par Boulogne pour passer au magasin, et Studiosport remet le matériel de réception : il sera possible de partager les images embarquées !

Presque 4 heures et 380 kilomètres plus tard, les premiers arrivent sur place. C’est grand, très grand.

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Les filets sont en place, les écrans de retour aussi, tables et chaises en quantité : il faut commencer à marquer le territoire ! Le tracé prévu est adapté sur place, les meilleurs plans ne résistant jamais au terrain : virages devant la zone public, ligne droite avec porte d’arrivée en parallèle et une série de virages plus serrés en bout de hall. Un tracé peu rapide que nous avions pensé adapté à un vol en intérieur avec du public : vitesses plus faibles pour limiter les casses et garder les pilotes en course, bonne visibilité de l’évolution des machines pour les spectateurs. Le reste de l’équipe arrive vers 15 heures et les choses sérieuses commencent, la grosse boîte Haribo trône sur la table. Mise en place et test des couples émetteur/récepteurs Raceband côté pilotes et côté public… Patatra ! La réalité des choses nous rattrape : au-dessus de nous c’est la fête au milliwatts ! Les exposants font feu de tout bois pour cette journée réservée aux professionnels, avec plusieurs émetteurs par stand. Les appareils évoluant dans la volière limitent leurs émissions comme demandé par le festival, mais les machines et systèmes en exposition ne se sentent pas concernés. Beaucoup de glitch, des tops vidéos à l’allumage des émetteurs puissants, des changements de fréquence imprévisibles, des images de caméras thermiques ou de lasers de mesure, un cauchemar ! Les exposants sont cependant très réceptifs lorsque nous allons leur expliquer nos problèmes : lors de l’ouverture au public il y aura beaucoup moins de matériel en fonctionnement, et nous relevons les fréquences utilisées.

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L’après-midi se poursuit sur la mise en  place du tracé, l’organisation de la zone de préparation des pilotes et la fin du débogage de notre logiciel de gestion de course. L’AMR FPV Race Management, créé par l’AMR et développé par Yoann (a.k.a. Ouhlala), qui permet de diffuser à distance sur d’autres écrans les poules en cours, l’inscription des pilotes, l’ajout des chronos et pénalités. Un vrai plus développé en interne qui sera testé pour la première fois en conditions réelles. La fermeture de l’accès aux professionnels un peu après 18 heures nous rassure sur notre capacité à proposer une bonne expérience d’immersion vidéo, le Raceband en 25mw fonctionne mieux lorsque personne ne vient écraser les fréquences.

Expulsés des lieux à 20 heures par le service de sécurité, nous laissons le matériel sous la surveillance des agents pour aller poser les valises à l’hôtel. Un hôtel qui ne fait que des appartements en fait : le festival a pris à sa charge 10 couchages dans deux appartements prévus pour 5 personnes. On commence à rigoler : 2 lits double et un lit simple par logement… Qui ronfle ? Mais les estomacs sont vides, et l’équipe jette son dévolu sur une pizzeria. Une table de 12 qui ne passe pas inaperçu. Ho, oui : aux membres de l’AMR sont venus s’ajouter de précieux renforts. Fred le Président du club de Lognes venu nous prêter main-forte et Xavdrone avec sa casquette hem… Disons que les photos parlerons d’elles-mêmes. Expulsés gentiment du restaurant une petite heure après les derniers clients, retour à l’hôtel pour quelques heures de sommeil. Objectif petit-déjeuner à 8 heures tapantes et retour au Parcexpo.

Samedi matin, 7 heures 30.
C’est tôt, c’est frais. Certain ont mal au dos après avoir dormi à côté du lit (une sale histoire de sommier un peu douillet), mais les deux Présidents se sont entendus pour choisir leur côté du lit.

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Le petit-déjeuner est vite expédié et tout le monde fait les 5 kilomètres dans l’autre sens.
Samedi matin, 9 heures : surprise ! Garé devant les portes d’accès côté exposants, le camion de Pablo. Mais si, vous savez : Pablo le pilote qui vole avec un Beebop (pardon, un speedbop en fait…). Dans son camion ? Tout le set ImmersionRC qui était utilisé à Cabourg entre autre, à notre disposition. Des récepteurs Duos, des antennes patch en pagaille, les powerbanks, tout le câblage et des émetteurs Raceband. De quoi faire propre côté pilote ! La réception et les conditions de vol s’améliorent sensiblement, les émissions de l’étage du dessus sont moins nombreuses et l’inquiétude sur la qualité des images disparaît. Nous finalisons l’installation des récepteurs côté public, et les tables sont disposées pour l’accueil des pilotes.

Samedi 10 heures : ouverture du festival au public, et arrivée des premiers pilotes inscrits : la pression a finit de monter.

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Le parcours est rapide : fiche d’inscription remplie avant de quitter la zone réservée au public (licence fédérale à jour obligatoire, ou à défaut pass découverte pour couvrir l’activité), inscription dans le logiciel de course en arrivant dans la zone de préparation, et vérification de la machine (failsafe fonctionnel, taille et voltage, OSD des Vortex à jour pour limiter leur puissance d’émission et connectique JST+servo pour les émetteurs en prêts). Les pilotes s’installent en attendant le début des vols de reconnaissance, dans la zone de préparation. C’était une inquiétude, et ce sera sans doute une déception : il y a eut peu d’inscrits. Pour faire vivre la course, les pilotes AMR venus à l’origine pour l’organisation ont donc sortit les machines de leurs sacs (hors de question de partir sans !) : 15 pilotes au total sont prêts à en découdre. Merci à ceux qui ont animés les page Facebook nantaises pour leur bonne humeur et leur détermination.

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Les premiers runs de découverte du tracé commencent, par groupe de 4 pilotes. La vidéo n’est pas parfaite, beaucoup de glitchs selon les endroits du circuit, mais le vol est tout à fait possible. Le public commence à arriver, et nous demandons aux roadies du festival un moyen de surélever les écrans. Les courses sont assez courtes, et les intercourses assez longs. Il faut meubler un peu au micro, aller à la rencontre des gens, tout en dépannant les pilotes en galère et en préparant les machines.

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De l’intense ! A nouveau, le prêt du matériel d’ImmersionRC via Pablo nous permet de proposer 2 jeux d’émetteurs Raceband, un gain de temps pour les changements de pilotes.
C’est vers 11 heures 30 que le Président du festival du film vient nous rendre une petite visite : Stéphane Rotemberg est un fan de drones, alors on lui a mis une paire de lunettes sur la tête ! C’est Zai de la Team Further qui lui fait une découverte du circuit. Fort sympathique mais très pris par un emploi du temps serré, Stéphane a quand même la gentillesse et le temps d’échanger avec les pilotes présents.

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Samedi 12 heures 30.
On n’a pas mangé, on a même carrément oublié d’aller chercher les plateaux-repas prévus. Le temps a filé bien vite, et lorsque nous annonçons une pause et la reprise à 13 heures 30, les vols de reconnaissance sont finis. Le logiciel de course maison va nous cracher les poules de pilotes pour les vols de qualification : réaliser 3 tours chronométrés. Un système de pénalité est mis en place et expliqué, ce sera du temps en plus. C’est une solution qui s’impose en intérieur : habituellement, un pilote qui rate une porte ou un virage doit faire demi-tour et repasser l’obstacle. La relative étroitesse des lieux et la proximité des trajectoires nous a fait choisir un système décroissant de pénalités : 10 secondes pour la première erreur, 5 pour la seconde, etc. Les chronos seront entrés dans les fiches des pilotes par les juges de course (les pilotes précédents ou suivants), pour former enfin les groupes des phases éliminatoires.

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Après les vols de qualification, 4 pilotes sont éliminés. Crashs et abandons sur problème technique, cela laisse 14 pilotes qui seront répartis en 4 groupes.

C’est un peu le bazar sur la zone pilote, certains viennent y bricoler directement. La zone de préparation était sans doute trop loin, et laisser son matériel sans surveillance ou presque pour venir voler n’est pas facile : c’est un point que nous retenons pour le futur.

Sandwiches au poulet et mousse au chocolat, comme d’habitude : on parle la bouche pleine, et on mange vite pour continuer la course. La pause est tout de même l’occasion de souffler à l’étage du dessus : une petite visite des stands s’imposent, nous sommes des passionnés avant tout ! C’est du gros matériel qui est exposé, avec des octocoptères imposants, ou des ailes capables de décoller à la verticale. Le matériel embarqué fait la part belle à la prise de vue technique ou artistique : ici une caméra Red, là un capteur thermique, ou même des lasers de mesure précis à 150 mètres (en vol !). Le dronelab nantais est de la partie et une boutique ne désemplie pas de tout le week-end ! Les stands les plus fréquentés sont sans surprise celui de la Fnac en partenariat avec Parrot, et celui de DJI qui présentait les nouveautés de l’Inspire.
Trêve de galéjades ! Le public avait bien noté la reprise, et il y a du monde derrière le filet de protection ! Votre serviteur et l’inénarrable ABDRX vont à nouveau à la rencontre des gens, avec lunettes et rallonges vidéos : le succès est immédiat.

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Aussi bien les enfants que les adultes sont très intéressés, étonnés et curieux. Pourquoi une si mauvaise qualité ? Est-ce que les pilotes ont le même rendu ? Le Vortex c’est bien pour débuter ? Beaucoup d’échanges, autant avec les passionnés que ceux qui découvrent sur place. Nous expliquons un peu de technique, un peu de conseils, nous orientons vers les clubs nantais et la boutique du dessus pour un premier achat découverte. Le public est patient, vit les runs, applaudit les crashs et les finalistes des courses, en redemande. Et c’est sans doute le second axe de réflexion : diffuser plus d’images, repasser les vidéos, afficher la progression de la compétition pour qu’elle soit plus lisible… Et un speaker en continu.

Samedi, 13 heures 30 (enfin, presque, on était un peu à la bourre).
Les phases finales commencent : le droit à l’erreur disparaît, on ne garde que les meilleurs et ceux qui ont finis une course de qualif’ (sur les deux courues), 3 autres pilotes disparaissent de la liste.

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Les deux courses éliminatoires vont former les deux courses de phases finales : les 4 meilleurs chronos seront ensembles pour la finale, les 4 autres pilotes pour la « petite finale » (on était large pour voler encore un peu, avec beaucoup de public encore présent !)

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Des départs surprenants, des accidents spectaculaires, des atterrissages dans le filet, des dépassements épiques et une pyramide qui rétrécit jusqu’aux deux dernières courses : petite finale et finale. Ces deux derniers runs font 4 tours au lieu des 3 du reste de la compétition. Encore des crashs, Zai applique sa technique secrète du survol proche en dépassement une seconde fois sur le Speedbop de Pablo (provoquant ainsi un tête-à-queue à 20 centimètres du filet), et c’est à nouveau la régularité du pilote de la Team Further qui lui permet de remporter la victoire. Presque une habitude. Les Further bien représentés, avec Riddhi troisième sur le podium et Kr0c présent jusque dans la petite finale.
Un tableau récapitulatif moitié pilotes locaux, moitié pilotes AMR. Une chose cependant : vu d’ici, la course de notre Président ressemble à une 4ème place… Mais imaginez sa journée : courir derrière chaque pilote, chaque membre de l’organisation, sauter sur sa radio et chausser ses lunettes entre deux coups de fils ! Un enchaînement sulfureux qui lui coûtera une manche ratée : qu’est-ce que ce mode de vol stabilisé faisait là ? Pourquoi avoir monté les hélices de 5 pouces sur les 2204 du QAV ? L’erreur est humaine, et le grand chef commençait à fatiguer.

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Samedi, 17 heures 30.
C’est sur les rotules que le Président monte sur le podium pour présenter les trois pilotes finalistes : Zai, Pablo et Riddhi.

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Une remise de prix assez symbolique avec des lots de circonstance : hélices Graupner pour tous les participants (enfin, ceux encore présents), Lipos de marque pour le podium et un kit complet Eturbine 250 pour le vainqueur ! Applaudissements nourris malgré une participation un peu faible du public (troisième axe de réflexion : améliorer la signalétique et la communication dans la zone festival), et petit buffet dans la foulée.
C’est fini, et ce n’est pas fini.

Samedi, 18 heures.
On laisse tout en plan et on rentre à la maison. Enfin, on aurait bien voulu, tout le monde est claqué. On fait le bilan de la journée : un peu de bricolage en vue pour certains, carrément de la réparation lourde pour d’autres. Deux émetteurs tombés au champ d’honneur : une surtension et sans doute une inversion de polarité. (encore un axe de réflexion quant à la vérification des machines avec du matériel spécifique)

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Reste à démonter, ranger, et retourner sur la région parisienne. L’équipe se serre les coudes, même si les horaires de train obligent certains à quitter le bateau avant les autres. Derushage des vidéos et photos dans le TGV pour Xavdrone, sieste pour d’autres… Le bus de l’amour décolle assez tard avec la voiture présidentielle, ils rallieront tous la région parisienne tard dans la soirée (très tard).

Il en manque ?
Quelques jours après, on est encore en phase de récupération. Dimanche en famille ou au boulot, et la semaine reprend. Alors oui il en manque : encore des photos à trier, des vidéos à monter, de l’expérience et des enseignements à en tirer.
Soyez attentifs à nos réseaux sociaux, que ce soit le Facebook de l’asso’, la page de la Team Further, les comptes Youtube ou Twitter de Xavdrone, Zai, AMR… Nous diffuserons au fur et à mesure, pas d’inquiétude.
Nous aurons eu l’occasion de comprendre cette petite phrase de Romain Gary : « Je vois la vie comme une grande course de relais où chacun de nous avant de tomber doit porter plus loin le défi d’être un homme. »
Vivement le prochain défi, nous serons là.

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Estya Secrétaire de l'AMR, récemment tombé dans le chaudron de potion mag... d'hélices !